84

Je tente, tant bien que mal, d’apaiser mes sens, de ralentir le rythme de mes pensées. Une tasse de thé est logée entre mes mains, et son parfum fruité chatouille mes narines, tandis que mon téléphone, posé juste à côté de moi, vibre en continue pour m’apporter des nouvelles de mes proches.

Je devrais travailler, pourtant j’ai lancé Facebook et Twitter pour rester à l’affût de la moindre information et suivre l’évolution des événements.

Il était trois heures cette nuit quand j’ai appris la nouvelle.

La veille, ma journée avait été épuisante, je m’étais couchée tôt, et aucune sonnerie n’était parvenue à me tirer de mon sommeil.

A mon réveil, comme à mon habitude et sans me douter de quoi que ce soit, je pris mon téléphone pour y lire les quelques messages que j’avais manqués.

Ce fut un électrochoc.

Fébrile, je rallumais mon ordinateur, puis saisissait au fil des actualités l’horreur de ce qui était arrivé, à quelques kilomètres de chez moi.

Quatre-vingt vies venaient d’être emportées.

Quatre-vingt, ça résonnait fort dans ma tête, et ça tambourinait en autant de questions demeurant encore sans réponses, suspendues dans l’air, capturées dans un instant qui s’éternisait.

Quatre-vingt sourires fauchés au hasard, et tellement d’existences à jamais bouleversées, blessées au plus profond de leur âme, à qui bien du temps sera nécessaire pour guérir.

Quatre-vingt regards qui ce soir étaient comme tant d’autres dirigés vers le ciel illuminé, à mille lieux de se douter que ce spectacle était le dernier.

Cela semblait irréel, et je ne pouvais m’empêcher de penser aux dernières attaques dont le monde porte toujours le deuil.

Paris. Bruxelles. Orlando. Bagdad.

Et cette nuit, Nice.

Je ressers les mains autour de la tasse brûlante, puis ferme les yeux un instant, juste le temps de respirer.

Tour à tour s’affichent sur mon écran des mots qui rassurent, des notifications qui me disent que mes amis sont à l’abris, mais aussi des messages qui réchauffent mon âme, et qui m’aident à garder espoir en l’humanité. Des élans solidarité qui me rassurent et me murmurent que tout n’est pas perdu

♥ Il y a d’abord eu le hashtag #PorteOuverteNice, qui relayait des propositions d’hébergement.

♥ Il y a aussi eu la solidarité des taxis niçois qui véhiculaient gratuitement les victimes jusqu’à l’hôpital, ou bien les évacuaient tout simplement de la Promenade

♥ Et puis le dévouement sans bornes du corps médical, sans compter les étudiants qui proposent leur aide.

♥ Et bien sur la mobilisation des forces de l’ordre, toujours présentes pour nous protéger du mieux qu’ils le peuvent dans un tel contexte.

Je sais que la peine qui nous déchire aujourd’hui mettra beaucoup de temps à cicatriser, et d’une certaine manière, elle sera toujours ancrée en nous.

Mais, pour tous ceux qui cette nuit ont perdu la vie, comme pour tous les autres avant eux, je resterai debout et je continuerai à croire en un monde plus doux.

L’Amour sera plus fort que tout.

illusialice.sign-v1

Malheureusement, le bilan s’est encore alourdit, montant à 84 le nombre de personnes qui ont perdu la vie. Toutes mes pensées vont à leurs familles ainsi qu’à leurs proches.

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